Lors de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux tenue ce jeudi, le premier président de la Cour suprême, Mouhammadou Mansour Mbaye, a rappelé les fondements et les exigences de la justice sénégalaise. En présence du président Bassirou Diomaye, et du Premier ministre Ousmane Sonko, il a souligné le rôle central de l’institution judiciaire dans le maintien de l’État de droit et de la paix civile.
Le premier président de la Cour suprême, Mouhammadou Mansour Mbaye, a ouvert la rentrée judiciaire 2026 en mettant l’accent sur l’histoire exigeante et la mission délicate de la justice sénégalaise. Selon lui, « notre justice s’inscrit dans une histoire exigeante. Héritière d’un droit structuré plus ou moins nourri par les réalités sociales et structurelles de notre pays », elle doit concilier rigueur juridique et responsabilité sociale.
Dans un contexte où les décisions de justice sont « exposées, commentées, mises en cause », le magistrat a insisté sur la nécessité pour l’institution judiciaire de « tenir sa juste place » et de se gouverner « ni par l’émotion ni par la clameur mais par la loi, la constance et la mesure ». Il a rappelé que la justice progresse « avec retenue, non par crainte, mais par respect pour une charge plus lourde qu’elle-même ».
Mouhammadou Mansour Mbaye a également averti contre les dérives de la précipitation ou de la complaisance : « toute précipitation est une trahison du droit, mais également toute complaisance avec l’air du temps est une abdication de sa mission ». Pour lui, « la grandeur de la justice réside dans sa fidélité à ce qui fonde l’État de droit, à savoir la mesure, l’indépendance et la permanence des principes ».
Enfin, il a rappelé que l’indépendance de la justice « n’est ni un privilège, ni une protection personnelle pour le magistrat », mais « une exigence constitutionnelle, une garantie offerte à chaque justiciable ».
Mouhamed DIOUF

