Des dizaines de milliers de Sénégalais ont envahi, mardi 20 janvier 2026, les principales artères de Dakar pour célébrer leurs héros, les Lions de la Téranga, fraîchement sacrés champions d’Afrique. Pendant plusieurs heures, la capitale s’est transformée en un immense théâtre de liesse populaire, porté par un rare élan d’unité nationale.
Dès l’aube, une effervescence inhabituelle s’est emparée de la ville. De la Patte d’Oie à la Corniche, en passant par l’autoroute à péage, le Front de Terre, Castors, l’avenue Bourguiba et le boulevard de la République, le cortège triomphal a parcouru près de vingt kilomètres sous les acclamations d’une foule compacte. Drapeaux vert, jaune et rouge, chants patriotiques et youyous accompagnaient les champions dans une atmosphère d’enthousiasme collectif. Certaines étapes ont revêtu une forte charge symbolique.
À Ben Tally et Niary Tally, fief du sélectionneur Pape Thiaw, la caravane a marqué un long arrêt face à une population sortie massivement pour rendre hommage à son fils. Du rond-point du Jet d’Eau au rond-point Seydou Nourou Tall, la ferveur a atteint son apogée. Le passage par la Place du Souvenir a, quant à lui, inscrit la victoire sportive dans la continuité de l’histoire nationale, mêlant célébration et recueillement.
La parade a offert l’image d’une mosaïque humaine exceptionnelle faite d’ enfants juchés sur les épaules de leurs parents, adolescents fièrement vêtus du maillot national, personnes âgées venues témoigner de leur attachement à l’équipe nationale. Pour beaucoup, l’événement revêtait une dimension spirituelle, certains y voyant une bénédiction divine autant qu’un exploit sportif. Au-delà de la fête, cette journée a illustré avec force, le pouvoir fédérateur du football. Le temps de la célébration, les clivages politiques, religieux, ethniques et générationnels se sont estompés, laissant place à une communion rare autour d’un même sentiment d’appartenance nationale.
Dakar, parée de ses couleurs, a été le miroir d’un peuple uni dans la joie et la fierté. Encadrée par un dispositif sécuritaire discret et efficace, la parade s’est déroulée sans incident notable, témoignant d’une organisation maîtrisée et d’une mobilisation inclusive de l’ensemble de la capitale.
Cette deuxième étoile africaine demeurera comme un moment fort de la mémoire collective sénégalaise. Plus qu’un trophée, elle aura offert au pays une parenthèse d’unité et de ferveur partagée, rappelant que le football, au Sénégal, dépasse le simple cadre sportif pour incarner l’âme et l’identité d’une nation.
JEAN-PIERRE MALOU

