« On reconnait un arbre à ses fruits », dit un proverbe biblique tiré de Matthieu 7:16-20. Face aux nombreux tumultes que traverse notre époque, la dernière ère (Aaxirou zamane), le message de Seydina Limamoulaye, le Mahdi (le Bien-guidé) sous forme de sermons (khoutba) résonne comme une source de guidance vers la voie du Salut éternel.
Seydina Limamoulaye qui s’est déclaré être le Bien-guidé attendu à la fin des temps (Al Mahdi Muntazar) en lançant l’Appel de Dieu à l’endroit des hommes et des djinns, au début du 14e siècle lunaire était porteur d’un message de justice et d’équité. Comme lors de l’étape de Yoff, communé-ment appelée « Yoor-Yoor Diamalaye » marquant le jour de l’Appel (1er Sha’baan), Imam Makhtar Laye revisite quelques passages des nobles en-seignements condensés dans six sermons.
Ce précieux legs du Mahdi, en avance sur son temps, constitue un remède aux crises diffuses et multi-formes qui exacerbent notre époque. « Sachez que notre temps est agité, cela signifie la fin des temps. Prenez comme exemple une eau qui s’épuise : ce qui reste au fond du récipient est toujours trouble », décrit-il dans le sermon premier pour caractériser notre époque. La religion, c’est la disponibilité généreuse «La solidarité islamique face aux défis actuels», thème du 146e anniver-saire de l’Appel, a été abordée en profondeur par Seydina Limamoulaye à travers le triptyque amour, entraide et fraternité religieuse. Dans le sermon premier, le guide nous invite à cultiver les valeurs de l’amour et à bannir tout ce qui s’en écarte.
« Aimez-vous les uns les autres. Ne faites, les uns pour les autres, que du bien », exhorte-t-il. Selon lui, la religion, c’est la disponibilité généreuse. Par rapport à la verticalité, entre l’homme et son Seigneur, Seydina Lima-moulaye souligne que cette disponibilité consiste à « reconnaître son unici-té, exécuter ses commandements, s’éloigner de ce qu’il interdit et conseil-ler aux hommes d’agir dans le même sens ». Par rapport à l’Envoyé de Dieu, celle-ci, indique le Mahdi, consiste à croire en sa mission, l’attester, suivre ses commandements, abandonner ce qu’il interdit et pratiquer sa tradition. Le cadre horizontal de la disponibilité religieuse (entre les humains) semble plus complexe au regard de notre société actuelle où les guides re-ligieux et musulmans ne sont pas épargnés par les salves de calomnie, d’insanités largement répandues avec le phénomène des réseaux sociaux.
Pourtant, Seydina Limamoulaye avait défini la nature de nos relations avec les chefs religieux. « C’est les aimer, suivre leurs conseils, les aider dans les activités qui concernent la religion, et conseiller aux hommes d’adopter la même attitude à leur égard. »
Le Bien-Guidé indique que le musulman doit aimer son prochain. En ce sens, il nous a exhortés à renforcer nos relations par l’amour, car les gens du paradis s’aiment. Ainsi, Seydina Limamoulaye bannit foncièrement tout ce qui est haine, inimitié, commérage, mauvais soupçon (des ouï-dire), médisance, mensonge, calomnie, trahison, jalousie, le fait de se rabaisser mutuellement surtout en ce qui concerne la foi.
Ce dernier point, qui prend des proportions démesurées sur les réseaux sociaux, sape le vivre-ensemble. Ainsi, dans son sermon n° 3, le Mahdi souligne que les polé-miques, les disputes, la rivalité sont interdites dans la religion. « Que cha-cun de vous, musulmans, suive celui qui est son guide et son appui reli-gieux, pratique ce qu’il a ordonné et imite ses qualités », invite-t-il.
L’aumône et la zakat, deux leviers de solidarité « Sachez que je suis votre ami, je ne vous quitterai pas jusqu’à votre entrée dans le paradis », affirme Seydina Limamoulaye. À travers la métaphore du berger et de ses animaux attachés dans l’étable, le Mahdi nous rend vi-site à propos de nos champs de ce bas monde et de l’autre monde.
« Je vous rends visite à propos de toutes parties de votre corps : vos langues, leurs paroles et de leurs silences ; de vos déplacements et vos repos », dé-clare-t-il. Sa recommandation nous incitant à nous déplacer que vers un but louable et à nous abstenir de sortir lorsque cela peut permettre d’éviter un mal a eu tout son sens lors de la pandémie de covid-19 avec la prolifé-ration des cas contacts et communautaires.
Pour ce qui est du 3e pilier de l’islam, la Zakat, le Saint-Maître lui accorde une grande importance et se montre intransigeant par rapport à son acquit-tement complet et à son heure.
« Je ne vous demande pas de me donner vos biens, (…) je vous demande ce qui appartient à Dieu, (…), qui est une obligation pour vous, le paiement de la Zakat », indique-t-il dans le ser-mon 3.
Selon lui, cet impôt destiné aux nécessiteux ne doit être ni sous-trait, ni mangé. Autant, il a insisté sur le paiement de la zakat, autant il a banni le gaspillage et la désunion.
Mohamed Diene

