« Il n’est pas assez solide défensivement. » C’était le reproche récurrent adressé à El Hadj Malick Diouf avant le tournoi.
Pourtant, au fil de cette CAN, le jeune latéral gauche de 20 ans a fait taire les critiques. Match après match, le latéral gauche sénégalais monte en puissance et prouve sa valeur.
Absent lors de l’entrée en lice face au Botswana à cause d’une suspension, le pensionnaire de West Ham a dû batailler pour retrouver sa place. En son absence, Ismaïl Jakobs avait convaincu le staff, reléguant initialement Malick au rang de doublure.
Le tournant survient lors du troisième match de poule face au Bénin. Titularisé par Pape Thiaw dans un onze remanié, Diouf dispute l’intégralité de la rencontre et livre une copie propre (victoire 3-0). Mais c’est lors de la phase à élimination directe que tout bascule.
Le déclic face au Soudan et au Mali
En huitième de finale contre le Soudan, Jakobs est en difficulté. Averti tôt et dépassé sur son flanc, il cède sa place à Malick Diouf à la mi-temps. Le jeune latéral stabilise la défense et apporte un second souffle. Ce regain de forme pousse le coach à le titulariser en quart de finale face au Mali. Dans ce choc ouest-africain, celui qu’on surnomme le « Jëwrigne » brille par son équilibre parfait entre rigueur défensive et apport offensif.
Le chef-d’œuvre face à Mohamed Salah
Sa prestation la plus aboutie reste sans doute cette demi-finale face à l’Égypte, hier mercredi. Face à l’un des meilleurs attaquants au monde, Mohamed Salah, Malick Diouf a été tout simplement monstrueux. Il a éteint la star égyptienne, ne lui laissant aucun répit. Les statistiques de Salah sur ce match témoignent de ce calvaire : 0 tir, 0 occasion créée, 0 dribble réussi, et seulement 4 duels remportés sur 15.
Un profil complet
Au-delà de sa solidité retrouvée, c’est son apport dans le jeu qui séduit. Toujours prêt à dédoubler, l’ancien du Slavia Prague crée le surnombre en phase d’attaque, libérant ainsi des espaces précieux pour Sadio Mané. Qualité de centre, volume de jeu et abnégation, Diouf est devenu indispensable.
Le coach Pape Thiaw doit s’estimer heureux de disposer deux jeunes talentueux joueurs, Malick Diouf et Ismaïl Jakobs, à sa disposition pour le poste d’arrière gauche. Tous les deux sont des valeurs sûres pour l’équipe.
Ce dimanche 18 janvier à Rabat, Malick Diouf, âgé de 20 ans disputera sa première finale de CAN face au Maroc. L’occasion de confirmer qu’il est bien le présent et le futur du couloir gauche sénégalais.
Djibril DIAO

