Bonne nouvelle pour les milliers de patients vivant avec la drépanocytose au Sénégal. Un nouveau médicament, Drepaf, sera disponible début 2026 dans les pharmacies du pays. Présenté lors d’un forum dédié à la drépanocytose tenu à Dakar le 19 novembre, ce traitement suscite de grands espoirs tant pour les spécialistes que pour les familles touchées par cette maladie génétique très répandue en Afrique.
Longtemps confrontés à des douleurs aiguës, à des hospitalisations répétées et à une espérance de vie réduite, les drépanocytaires pourraient bientôt retrouver une meilleure qualité de vie grâce à cette nouvelle molécule. Le Drepaf, générique de l’hydroxyurée, a déjà prouvé son efficacité dans plusieurs pays du Nord, où près de 80 % des patients en bénéficient depuis plus de 20 ans.
Selon le Pr Jean-Benoît Arlet, spécialiste français et coordonnateur scientifique de DrepAfrique, le médicament réduit considérablement les crises drépanocytaires, améliore l’espérance de vie et permet aux enfants de devenir adultes dans de meilleures conditions. « Le Drepaf redonne une vie normale aux malades », assure-t-il dans les colonnes de Lesoleil.sn visité par Senego.
Une avancée majeure : une forme pédiatrique enfin disponible
Grande nouveauté : le Sénégal disposera pour la première fois d’une forme pédiatrique de 100 mg, adaptée aux bébés drépanocytaires. Cette innovation représente un espoir immense pour les familles, alors qu’on estime que près de 80 % des enfants atteints ne dépassaient pas 5 ans auparavant.
Le médicament existera en deux dosages (100 mg et 500 mg), avec un prix accessible : 1 500 FCFA pour les enfants jusqu’à 5 ans, puis un coût doublé au-delà. Pour faciliter la prise régulière, le conditionnement couvrira désormais un mois complet de traitement, contre les anciennes boîtes limitées à 10 jours.
Un impact attendu sur l’échec scolaire, les crises et la mortalité
Les spécialistes rappellent que la drépanocytose impacte fortement la vie sociale et scolaire. Beaucoup d’enfants et d’étudiants manquent cours et examens à cause des crises. Le nouveau médicament devrait réduire drastiquement ces difficultés, ainsi que les risques d’AVC, fréquents chez les malades.
Le Dr Mouhamadou Sow, directeur général de Teranga Pharma SA, souligne que le Drepaf sera disponible partout au Sénégal et vendu à un prix abordable pour le plus grand nombre. « Nous allons améliorer la qualité de vie des enfants, des étudiants et des travailleurs », assure-t-il.
Des spécialistes prudents mais optimistes
Si le Drepaf est porteur d’espoir, les experts rappellent qu’il s’agit d’un médicament qui doit être utilisé sous contrôle médical strict. La spécialiste française Pr Bérengère Koehl insiste : « Les patients ne doivent pas le prendre n’importe comment. »
Pour le Pr Ibrahima Diagne, spécialiste sénégalais reconnu, cette avancée constitue « une fierté et un énorme progrès » dans la prise en charge de la maladie dans le pays.
Diéry DIALLO

