Grâce au soutien du projet Ismea (investir dans la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent) et à une forte mobilisation des acteurs sanitaires et communautaires, le centre de santé de Kédougou remet en service son bloc opératoire. Une avancée déterminante pour réduire une mortalité maternelle parmi les plus élevées du pays et faciliter l’accès aux soins chirurgicaux de proximité.
Le centre de santé de Kédougou a officiellement rouvert son bloc opératoire, resté fermé plus de deux ans pour réhabilitation. L’infrastructure, essentielle pour les interventions obstétricales et les urgences chirurgicales, a été entièrement rénovée et équipée grâce au financement du projet Ismea et à l’appui de la direction régionale de la santé.
Lors de la visite inaugurale dudit bloc, le médecin gynécologue du centre de santé de Kédougou, Boubacar Keita a présenté une salle d’opération modernisée, dotée d’une nouvelle lampe scialytique, d’une table opératoire réhabilitée et d’un coin du nouveau-né équipé d’une table chauffante et d’un aspirateur électrique pour la réanimation néonatale. Ainsi qu’une salle de réveil de quatre lits alimentée en oxygène.
D’après le directeur régional de la Santé, Dr Ababacar Mbaye, la remise en service du bloc représente un tournant crucial dans la lutte contre la mortalité maternelle. « Kédougou enregistre l’un des taux les plus élevés du pays, avec 430 décès pour 100 000 naissances vivantes, contre 153 au niveau national. Ce bloc va nous permettre d’augmenter le taux de césariennes et de sauver des vies », a-t-il confié. Dr Mbaye a ajouté que cette « synergie d’action » devrait améliorer significativement la prise en charge des urgences maternelles et néonatale, et faciliter l’accès aux soins chirurgicaux de proximité.
Interrogé sur les possibles difficultés, il a évoqué celles liées aux coupures d’électricité. « Elles touchent tout le pays, mais nous nous organisons avec des groupes électrogènes. Il nous faut toutefois un soutien durable pour le carburant ».
Le secrétaire exécutif du comité de développement sanitaire (Cds), Abdoulaye Barro, a rappelé le rôle décisif de la communauté et des partenaires dans l’aboutissement du projet. « Depuis notre arrivée, nous nous sommes engagés à soigner les populations à moindre coût. Le pouvoir d’achat est faible à Kédougou et ce bloc est vital pour éviter aux familles des dépenses excessives », a-t-il conforté.
M. Barro a par ailleurs informé que le Cds a maintenu, au profit du centre de santé de Kédougou, cinq sages-femmes et apporté un lot de matériel d’une valeur de 18 millions de francs Cfa, fourni par l’entreprise Kmts. Il invite les partenaires et les personnes de bonne volonté à davantage accompagner le centre qui bénéficie par ailleurs d’une centrale d’oxygène dont la recharge est assurée gratuitement par l’hôpital régional Amath Dansokho de Kédougou.
Avec cette réouverture du bloc du centre de santé, la région de Kédougou dispose désormais de trois blocs opératoires fonctionnels : celui du centre de santé de Kédougou, celui de l’hôpital régional et celui du centre de santé de Saraya, récemment rénové lui aussi. Les cas simples : césariennes, hystérectomies et interventions non complexes pourront désormais être traités sur place, tandis que les situations nécessitant une réanimation avancée continueront d’être orientées vers l’hôpital régional.
Amadou DIOP (Correspondant)

