Le Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2024 a pris ses distances avec l’acte posé par Pa Ousmane Seck, qui a interrompu la conférence de presse organisée ce vendredi par certaines victimes de la répression sous l’ancien régime. Dans son communiqué exploité par PressAfrik, le Collectif a tenu à se « désolidariser catégoriquement de ce comportement jugé inopportun. »
« Notre combat est avant tout celui de la dignité, de la justice et de la vérité. En aucun cas, il ne saurait être entaché par des comportements impulsifs ou contraires à l’esprit de responsabilité qui doit guider chacune de nos actions », a précisé l’organisation. Pour les ex-détenus politiques, cet incident est « regrettable à plus d’un titre » car il ne reflète « ni nos valeurs ni nos principes ». Le Collectif estime qu’un tel acte risque surtout de détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la quête de justice pour l’ensemble des victimes de la répression.
Face à cette situation, l’organisation appelle ses membres et sympathisants à « la retenue, au calme et à la discipline ». Elle rappelle que les enjeux du combat mené exigent « sang-froid, cohésion et stratégie », et non des actions isolées pouvant nuire à la crédibilité du mouvement. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attitude, et réaffirmons notre engagement à mener ce combat avec sérénité, intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue », poursuit le communiqué.
Le Collectif des ex-détenus politiques insiste sur la nécessité de rester concentré sur l’objectif de réparation et de vérité. Il met en garde « contre toute tentative de division ou d’instrumentalisation qui affaiblirait les efforts entrepris depuis plusieurs années pour faire reconnaître les droits des victimes. » L’organisation affirme qu’elle « restera vigilante » dans les prochaines étapes de ce combat, qu’elle souhaite inscrire dans le cadre de la responsabilité, de la cohésion et du respect des principes démocratiques.
Ndeye Fatou Touré