Deux années à la Primature auront suffi à installer durablement Ousmane Sonko dans le paysage institutionnel sénégalais. Nommé le 2 avril 2024 par le président Bassirou Diomaye Faye, le leader de Pastef a quitté la Primature le 22 mai 2026 avant d’être élu, quelques jours plus tard, à la tête de l’Assemblée nationale.
Le bilan présenté dans le visuel réalisé par Momar Assane sur X met en avant une gouvernance axée sur la « souveraineté », la rationalisation des dépenses publiques et la réforme de l’État.
Sous le slogan « Jub Jubal Jubbanti », le gouvernement revendique plusieurs audits financiers, une réévaluation de la dette publique ainsi qu’une réduction du déficit budgétaire, désormais estimé à 13,2 % du PIB selon les chiffres avancés.
Le document souligne également la suspension et la renégociation de certains contrats économiques stratégiques, notamment dans les secteurs pétrolier, gazier et minier.
Dans le domaine énergétique, la période 2024-2026 a été marquée par le démarrage de la production du champ pétrolier de Sangomar, avec une production annoncée à 100 000 barils par jour. Le gouvernement met aussi en avant le projet gazier GTA avec la Mauritanie et l’acquisition par l’État de 100 % des actifs de la société WAE, présentée comme un pas vers la souveraineté énergétique.
Sur le plan social, l’exécutif affirme avoir engagé des mesures pour alléger le coût de la vie. Le visuel évoque une baisse du prix du riz brisé, du sucre, de la farine, du carburant et du gazole, ainsi qu’une suspension des droits de douane sur certains produits de base.
Le gouvernement revendique également la signature d’un « pacte de stabilité sociale » destiné à préserver le pouvoir d’achat et à limiter les tensions sociales.
La justice et la gouvernance figurent aussi parmi les axes mis en avant. Le Pool judiciaire financier (PJF), installé en septembre 2024, est présenté comme l’un des instruments majeurs de lutte contre la corruption et les détournements.
Le document mentionne des dizaines de magistrats spécialisés, plusieurs centaines de dossiers ouverts et des milliards de francs CFA saisis ou visés dans les enquêtes.
Le bilan insiste en dernière analyse et en dernière instance sur les réformes administratives et économiques liées au référentiel Sénégal 2050, présenté comme la nouvelle doctrine de transformation économique du pays.
Les autorités mettent en avant la digitalisation de l’administration, les réformes fiscales et la volonté de réduire le train de vie de l’État.
Toutefois, cette séquence politique s’achève dans un contexte de tensions au sommet de l’État. Le départ de Sonko de la Primature, suivi de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, intervient alors que le Sénégal fait face à une crise de la dette et à des discussions délicates avec le FMI.
Plusieurs analystes estiment que cette nouvelle configuration institutionnelle pourrait redessiner les rapports de force au sein du pouvoir sénégalais.

