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SOCIETE
 
 
«Le problème du diabète au Sénégal, c'est l'ignorance»
Publié le : Jeudi 14 Novembre 2019 - 12:37 - Source : Dakarmatin - Commentaires : 0 - Consulté : 323 Imprimer

Pour réduire la prévalence du diabète, l’Association sénégalaise de soutien et d’assistance aux diabétiques (Assad) compte s’appuyer sur la sensibilisation et l’éducation. Toutefois, il poursuit le plaidoyer  pour la réduction des prix des bilans. L’Assad préconise, en outre, la formalisation avec la Direction des Etablissements de santé pour voir comment trouver une convention lorsqu’un diabétique nécessite une hospitalisation dans l’urgence, pour tout ce qui est analyse et  revoir le coût du séjour à l’hôpital. Toutefois, le président de l’Assad, Baye Oumar Guèye, a fait savoir que «le problème du diabète au Sénégal, c’est l’ignorance». Entretien !

 
Le taux de prévalence reste élevé chez les personnes diabétiques, avec 3,4% au niveau de la population générale ? Comment comptez-vous vous y prendre pour le faire baisser ?
 

Pour réduire la prévalence, l’association doit se baser sur trois choses. La première est la sensibilisation et l’éducation sous trois angles. Il s’agit d’abord de faire en sorte que les Sénégalais qui n’ont pas le diabète puissent savoir comment tout faire pour éviter la maladie. Pour cela, on va  procéder par le dépistage, ce que nous ne cessons de faire depuis trop longtemps, en organisant chaque année une série de campagnes dans toutes les régions du Sénégal. Le deuxième rôle, c’est de faire de telles sortes que les gens qui ont le diabète ne développent pas des complications. Et c’est là qu’intervient la prévention. Il y a aussi  l’auto contrôle qui permet aux diabétiques de pouvoir contrôler à chaque fois que de besoin le taux de la glycémie. La troisième chose, c’est ceux qui ont le diabète et qui développent des complications, comment faire pour repousser le maximum possible le pronostic vital, c’est-à-dire garder encore le patient en vie malgré l’apparition des complications. Pour résumer, la première partie, c’est de la prévention parce que dans les pays en développement, le meilleur moyen de combattre le diabète, c’est de lutter contre l’apparition de la maladie à savoir de procéder par  la sensibilisation, la communication. Et c’est cela notre tâche en tant qu’association d’utilité publique reconnue par un décret présidentiel parce qu’on s’est rendu compte que le problème du diabète au Sénégal, c’est l’ignorance.
 

Sur quel levier l’association compte-t-elle s’appuyer pour atteindre les cibles ?
 

Lorsque qu’un membre de la famille est diabétique, c’est toute la famille qui l’est. Tu dois respecter le régime alimentaire. Si c’est le papa ou la maman, toute la famille se soumet au régime et les Sénégalais ont cela de particulier, cette générosité dans l’accompagnement. Une générosité qu’il faut désormais renforcer car  le diabète est à l’intérieur des familles, les gagne et surtout n’épargne aucune des catégories de la société, à savoir enfant, homme, femme: tout le monde est exposé.  Il faut maintenant faire comprendre que la chose à faire, c’est d’arriver à conscientiser ce petit noyau qu’est la famille et l’essentiel est gagné. Des bons comportements pourront ainsi ressortir  sur le mode d’alimentation qui pourra aider la personne diabétique.   

En dehors du centre Marc Sankalé  de Dakar pour la prise en charge du diabète, qu’en est-il des régions ?
 

Pratiquement, aujourd’hui, la prise en charge est décentralisée. Nous disons que nous avons des antennes dans les régions. Mais il y a des programmes qui s’appellent biopsie et il y a la région de Kaolack et de Toubatoul qui en bénéficient. Ces deux localités disposent des centres. Il s’y ajoute, dans tous les hôpitaux présentement, il y a des pavillons spécialisés pour diabète. Donc, le problème de la décentralisation mérite d’être souligné, si elle n’est pas effective, elle est aujourd’hui mise en œuvre. Et, dans le cadre du programme de lancement de la lutte contre le diabète, cette fonction est très prise en charge par les autorités. Maintenant, il faut toujours renforcer pour permettre aux personnels de santé de pouvoir se spécialiser le maximum possible.
 

Le diabète reste une maladie onéreuse; près d’un million/an, ce n’est pas donné à tout le monde. Comment s’organise l’Assad pour la prise en charge ?

 

Nous avons une coopérative de vente au niveau de Marc Sankalé à des prix accessibles. Par exemple, l’insuline se vend le moins cher au Sénégal que dans les pays de la sous-région et même ailleurs. Sur ce point, nous avons la chance pour les couches défavorisées. Au niveau de la coopérative, vous vous rendrez compte qu’on prend en charge les diabétiques démunis et surtout ceux qui viennent d’être hospitalisés et qui en formule la demande par le biais de l’assistant social. Nous arrivons quand-même à faire face à cette forte demande, même s’il y a encore du travail à faire. Du mieux que nous pouvons, nous arrivons à satisfaire cette demande.

 

Le diabète n’est pas pris en charge par la Couverture maladie universelle (Cmu). N’est-ce pas un autre combat pour l’association ?
 

Ça, c’est la grosse problématique. Les maladies chroniques au Sénégal sont des maladies qui coûtent excessivement chères. Le bilan annuel pour le diabétique est assez élevé. On a parlé d’environ un million. Mais imaginez-vous dans ce million, si vous avez des complications, cela va augmenter. Imaginez-vous, une personne âgée avec des complications, vous prenez des médicaments pour la tension, des médicaments pour la cataracte et vous additionnez le tout, c’est très cher. Aujourd’hui, le combat principal, c’est comment trouver un moyen, par le biais d’une assurance, par le biais de la Cmu ou autres ? Comment justement arriver à trouver un bon mécanisme ?  
 

Nous en avons une idée et nous allons certainement en discuter avec les autorités pour trouver une assurance qui permettra non seulement de protéger les plus démunis, mais avec des mécanismes de cotisation assez faible qui pourront être juste admis par les malades. Nous sommes en train d’y réfléchir et, au besoin, nous verrons avec les autorités pour trouver la formule la mieux adaptée parce qu’une maladie chronique, c’est une maladie pérenne et couteuse qui nécessite la prise en charge. Et  si vous n’avez pas d’assurance ou de mécanisme pour aider ces couches vulnérables, c’est la galère.
 

Dans l’urgence, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour une sortie de crise ?
 

D’abord, au niveau des hôpitaux, pour les hospitalisations, il faudrait qu’on arrive à signer des conventions avec les structures hospitalières. Maintenant, il faut le formaliser avec la Direction des établissements pour voir comment trouver une convention lorsqu’un diabétique nécessite une hospitalisation dans l’urgence, pour tout ce qui est analyse et  revoir le coût de l’hospitalisation. Cette idée, peut-être en un premier temps, peut permettre aux diabétiques en aval de pouvoir trouver un moyen lorsqu’une complication s’installe et nécessite une hospitalisation dans l’urgence. Maintenant, la discussion, c’est de voir chacun en fonction de ses possibilités, comment lui permettre de payer. Mais tout se discute et tout doit être mis en place, parce que l’urgence et là et cette maladie gagne du terrain, occasionne des complications et dangereusement elle réduit la qualité de vie des Sénégalais.
 

Des activités ont été organisées par l’association l’année dernière, est-ce qu’on peut avoir le bilan ?
 

Le bilan de l’année dernière a été assez satisfaisant, avec l’inauguration d’une Maison de diabétique à Rufisque pour la sensibilisation. Nous avons également organisé des dépistages un peu partout et nous en avons fait dans les écoles. On a organisé des séances de dépistage dans certains quartiers sur plus de 6000 personnes, à travers le Sénégal, pas seulement à Dakar, mais aussi dans  les antennes régionales qui ont travaillé en leur sein. Et c’est véritablement une expérience extraordinaire. Donc, en termes d’organisation, de sensibilisation et d’éducation, nous avons véritablement eu une satisfaction totale, même si notre vocation première reste de sensibiliser et d’éduquer. Aussi nous l’avons fait de concert avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale.
 

Pour ce qui est de la disponibilité des médicaments, n’enregistrez-vous pas souvent des épisodes de ruptures?
 

Depuis un certain temps, il y a une bonne organisation de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna). Nous n’avons pas, ces deux dernières années, connu ou constaté de rupture. Nous ne connaissions pas de ruptures, mais des tensions existaient de temps en temps. Toutefois, celles-ci ont été contenues jusqu’à ce que, finalement dans les deux années, nous n’avons connu ni de rupture encore moins de tensions. Nous souhaitons, et c’est notre grande prière, que ces ruptures et tensions soient véritablement de mauvais souvenirs. Et, c’est grâce aux efforts des uns et des autres que nous arrivons à stabiliser le stock. Au niveau même de l’association, à chaque fois qu’il y a rupture, nous arrivons à avoir un stock pour sauver ce qui peut l’être c’est-à-dire permettre aux diabétiques qui veulent acheter, de savoir qu’il y a un stock au sein de notre association. 
 

Quelles sont les perspectives pour l’Assad ?
 

Il faudrait qu’on se batte pour que l’Etat arrive à comprendre qu’il faut subventionner ces médicaments pour les diabétiques de type 2 qui représente 20% des diabétiques. C’est notre défi et nous nous battons pour cela car les antidiabétiques oraux sont excessivement chers. Il faut aujourd’hui, au niveau du diabète de type 1, relever  aussi le défi.

 

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