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Attitudes devant la justice : Massata Diack et Karim Wade... comme Yalla ak yalli !
Publié le : Jeudi 14 Novembre 2019 - 12:44 - Source : le témoin - Commentaires : 3 - Consulté : 1164 Imprimer

Dans son édition du weekend dernier,
« Le Témoin » s’était agacé du comportement irresponsable de Massata Diack passant tout son temps à nier, entre quatre murs dakarois, les accusations portées contre lui dans l’affaire de corruption à l’Iaaf qui a valu à son père, Lamine, d’être inculpé et placé en résidence surveillée à Paris.

Comme un lâche fugitif, Massata Diack a détalé devant la justice française là où Karim Wade avait choisi de venir répondre à la convocation de la justice sénégalaise, quitte à se faire guillotiner à Rebeuss. Qui dit qu’entre Diack-fils et Wade-fils, c’est comme « Yalla ak Yalli » ? « Le Témoin » tente d’y apporter la réponse... 

« Papa Massata Diack innocent ? Qu’il aille le prouver aux juges français ! » tel était le titre de notre commentaire relatif à la posture vociférante du fils de Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (Iaaf). Inculpé dans l’affaire de corruption pour couvrir des cas de dopage d’athlètes russes, Papa Massata Diack, depuis son trou à rats dakarois, continue de crier au « traquenard » et clamer son innocence.

Convoqué par la justice française, il s’est arrangé pour se faire auditionner par un juge d’instruction sénégalais dans notre capitale. Bigre ! Car, comme nous l’avions précisé, ce n’est pas devant les juges sénégalais qu’il doit nier les faits qui lui sont reprochés mais bien devant la justice française dont l’indépendance et l’impartialité des magistrats constituent la pierre angulaire de cet Etat de droit. Autrement dit, tous les gages d’un procès équitable pour Massata Diack sont réunis en France.

Les observateurs un tant soit peu impartiaux se demandent donc pourquoi Papa Massata Diack laisse-t-il échapper cette aubaine pour prouver l’innocence qu’il clame ? Cela n’a rien à voir, bien sûr, avec se faire auditionner ou juger par la justice sénégalaise « décriée » sur tous les toits. Il aurait pourtant dû s’inspirer de l’exemple de Karim Wade et de son père que lui, Massata, et son père Lamine s’étaient jurés de faire quitter le pouvoir.

En sollicitant des financements russes pour cela ! Paradoxalement, pourtant, ledit Karim Wade, alors accusé de tous les maux du Sénégal et affublé de tous les noms d’oiseaux, avait eu, lui, le courage de venir déférer à la convocation de la justice du président Macky Sall ! Et, notamment, de sa redoutable et très couchée Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).

Convoqué le 15 novembre 2012 pour audition devant la Section de recherches de la gendarmerie alors qu’il était à Paris, Karim Wade, sans se faire prier, avait débarqué à Dakar pour se livrer aux enquêteurs. Sans doute, Wade-fils s’était dit qu’au delà de cette convocation provocatrice homologuée par le régime de Macky Sall, son père Me Abdoulaye Wade était visé à travers lui pour l’avoir mis en orbite. Exactement comme l’ex-patron de l’Athlétisme mondial Lamine Diack avait fait profiter son fils Massata des fonds issus des « droits » de télévision et de sponsoring de plusieurs manifestations sportives internationales organisées par le CIO dont il était le tout-puissant patron ! 

Contrairement à Massata Diack, le fils du Pape du Sopi avait la ferme résolution de ne pas laisser ses détracteurs secouer la quiétude de son père en retraite dans sa résidence de Versailles (France).

Bien que sachant qu’il allait être arrêté et embastillé, il avait quitté la France  alors qu’il avait tout loisir d’y demander le statut de réfugié politique, surtout que sa mère elle-même est une Française bon teint pour venir se fourrer dans la gueule du loup sénégalais. Vous conviendrez avec nous qu’entre Massata Diack et Karim Wade, c’est comme « Yalla ak Yalli ». Deux personnages, fils à papa certes, mais aux comportements et caractères diamétralement opposés.

L’un s’était substitué à son père pour ne pas dire à tout un ancien régime (ministres, directeurs de société, hommes d’affaires etc.) pour payer les pots cassés ou « détournés » par d’autres, l’autre a détalé comme un lapin dès les premiers coups de feu judiciaires en abandonnant son père en rase campagne aux « prédateurs » français. 

Un sprint déshonorable de Diack-fils ! 

« Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ! » On pourrait reprendre ainsi cette expression de Corneille afin de la placer dans le contexte de l’affaire Lamine Diack où le fils semble avoir poussé le père dans un caniveau sportivo-judiciaire à l’échelle mondiale. Hélas, sur les starting- blocks judiciaires, le père Lamine Diack sera seul sur la piste d’un long procès qui se tiendra du 13 au 23 janvier 2020 prochain à Paris. 

Nous sommes dans une société africaine où le père est censé incarner l’autorité en même temps qu’il doit pourvoir aux besoins de la famille. Et surtout quand il s’agit d’un père honorable de la dimension de Lamine Diack qui s’est beaucoup sacrifié pour la réussite de ses enfants. Et quoi qu’on puisse reprocher au père Lamine Diack, force est de constater qu’il a occupé une place « essentielle » dans l’épanouissement et la réussite de ses enfants. Des enfants qu’il couvait comme une maman poule le ferait de ses poussins et pour qui il a un grand faible. Des enfants auxquels il ne pouvait rien refuser et qui ont profité de l’amour sans limites qu’il leur porte pour lui faire faire n’importe quoi. Du moins, l’un d’entre eux ! D’où l’ingérence manifeste de son fils Massata Diack dans les affaires de l’Iaaf dont il était le « consultant en marketing ». Certes, en matière pénale comme dans celle renfermant les délits de corruption passive et active sur fond de blanchiment aggravé qui frappent le président Lamine Diack, il appartient à chacun d’assumer ses responsabilités. Et il est clair que la responsabilité pénale est personnelle, elle n’est pas collective. Mais le Sénégal, comme toutes les sociétés africaines, a ses réalités socioculturelles où un fils digne comme Karim Wade par exemple, n’admet point que l’honneur de son père ou de sa mère soit bafoué ou outragé. Des sociétés où les enfants sont prêts à donner leur vie pour qu’on n’humilie pas leurs parents surtout s’ils sont de la trempe de Lamine Diack, patriarche mondial de l’Athlétisme. 

La dignité russe... 

Hélas, Papa Massata Diack a dû oublier que dans le Sénégal des affaires politico-judiciaires et sportivo-judiciaires « on nous arrête, nous juge, nous condamne ou nous pend, mais on ne nous déshonore pas ». Pour cause, l’honneur parental et la dignité familiale ont toujours besoin d’être reconnus parce qu’étant liés à quelque haut fait, à une tradition, à une histoire qui est celle d’un individu, d’une famille ou d’un groupe. Diack-fils a dû également oublier que l’honneur est de l’ordre de la grandeur et de la réputation. Il peut être terni et bafoué par la fuite ou la désertion face à l’ennemi, fut- il un juge d’instruction.

Ce que les athlètes russes impliqués et suspendus dans cette affaire de corruption ont sans doute compris pour avoir courageusement assumé leurs responsabilités en se laissant conduire à l’abattoir sportif et judiciaire. Et pourtant, les athlètes russes seraient mieux placés que Massata Diack pour piquer un sprint afin de semer les juges à leurs trousses. Eux qui jouissent d’énormes capacités et conditions physiques pour se fondre dans la nature. Hélas, en lieu et place, c’est Papa Massata qui se distingue dans l’art de prendre ses jambes à son cou...au point de battre le record de Usain Bolt ! 

Pape Ndiaye 

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COMMENTAIRES (3)
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Sek - 14/11/2019 - 12h 02  
La France refuse de faire juger ses citoyens en Afrique(génocide au Ruanda, coups d'état en Libye, assassinat au Burkina etc.) . Pourquoi notre pays doit envoyer ses enfants en France où être négre est un tare. Platiny a été reconnu coupable d'enrichissement sans cause; pourtant, il n'a pas été mis en résidence comme Lamine Diack? Il faut que nos journalistes arrêtent de déifier la France. La décolonisation commence par cette prise de conscience
Constat - 14/11/2019 - 13h 41  
Comparer un Wade à un Diack n'est que manque de culture.Vous ne comprendrez jamais donc l'honneur est dans le sang. Quand Lamine Diack père se montrait à la télé walf lors d'une émission opinion avec Édouard Faye donnant des leçons de probité et de moral au Wade j'ai failli avoir une crise. Mais heureusement Dieu est juste et le monde entier saura que les Diack n'ont aucune dignité.En plus il y a un grand mensonge sur leur soutien aux y.en à maristes et aux assises nationales :Ils déclarent qu'il cherchaient à faire partir Wade mais leur objectif était de prendre le pouvoir.
Maodo - 14/11/2019 - 17h 23  
Diack disait que cet argent était pour financer la campagne contre Wade. Mais depuis quand un responsable sportif peut il se mêler dans les affaires politiques. Le sport doit être en dehors de la politique. Chaque sportif à ses propres opinions. Il y a des sportifs qui aiment Wade et d'autres qui aiment ses adversaires Donc les hauts responsables du sport doivent se garder de profiter de leur position pour imposer leur choix politique à la communauté sportive. Donc l'argument de Lamine Diack est déjà maladroite. Parce que la CIO est par nature apolitique. Ils ne choisissent pas en fonction de la couleur politique d'un pays. Les États sont libres de boycotter mais la CIO reste uniquement sur sa ligne uniquement sportive. Et puis ce n'est pas la France qui juge mais c'est la CIO qui a pris l'initiative. Il n'y a pas de question raciale dans cette affaire puisque Diack n'est pas le seul mis en cause
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