Suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter
CARTE BLANCHE
 
 
Qu’est-ce qui fait courir Oumar Sarr ?
Publié le : Samedi 17 Août 2019 - 18:01 - Source : dakarmatin - Commentaires : 1 - Consulté : 1817 Imprimer

Oumar Sarr, ses lieutenants et ses alliés parlent, à longueur de journée, du cas de Karim Wade. Mais que savons-nous d’eux ? De leur projet politique, de leurs ambitions et motivations politiques tant ils ont confortablement évolué dans l’ombre de leur Maître jusqu’à maintenant! Presque rien! Attardons-nous alors sur cette personnalité politique de premier rang, devenue ces derniers mois l’ennemi n°1 de Me Abdoulaye Wade au sein du PDS, Oumar Sarr. Ses dernières frasques rebelles, à l’époque n°2 du PDS, sont très révélatrices d’un retournement de veste, en particulier lorsqu’il raccrocha au nez de Me Abdoulaye Wade sous prétexte qu’il était occupé avec son Ndogou !

Comment un homme si servile politiquement parlant, un homme apparemment sans histoire, a-t-il muté en un profil décomplexé à l’égard de son mentor ? Qu’est-ce qui, en réalité, anime l’ancien des plus fidèles parmi les fidèles de Me Abdoulaye Wade au point de paraître aujourd’hui comme le plus grand judas dans la longue vie politique de Me Abdoulaye Wade ? Les rares déclarations et interviews d’Oumar Sarr nous révèlent un homme canonique. Peut-être est-il plus secret, manipulateur, sournois, pilier d’antichambre qu’il n’y paraît ! A y regarder de près, il avance ses pions à visage masqué, à travers ses lieutenants pour déclencher ce que les frondeurs du PDS ont appelé la « bataille finale » : ils lorgnent sur le poste de Secrétaire général du PDS.

Pour la journée du Dialogue national, Oumar Sarr n’a pas pu faire autrement que de s’y rendre à visage découvert ! Il était en situation de compétence liée. Lorsqu’il est aussi question de l’ancienne sénatrice Aïda Ndiongue, le natif de Dagana sort de ses gonds : à la suite de son incarcération, il l’a défendue bec et ongles. Après une analyse approfondie portant sur ces faits intrigants (Dialogue national et ancienne sénatrice), il ressort deux motifs intrinsèquement liés qui galvanisent Oumar Sarr : la prise de contrôle du PDS (1) pour mettre en balance ce parti et une amnistie générale à la clé (2). L’amnistie, s’appliquerait-elle à sa cousine Ndiongue avec laquelle il était en affaire lors du plan Jaxaay ? Faisons parler les faits, rien que les faits !

Voilà un homme politique qui, durant de longues années, a assuré l’intérim de Secrétaire général du PDS, en l’absence de Me Abdoulaye Wade à Dakar. Le pouvoir de ce parti était entre les mains d’Oumar Sarr et de son clan ! Il a eu largement le temps de l’influencer de l’intérieur, de le façonner comme personne n’en a eu l’opportunité dans l’histoire du PDS. Son obéissance et dévouement apparents, pouvaient aussi lui laisser espérer en retour une mise sous tutelle de Me Wade. A ce moment-là, Oumar Sarr n’avait pas l’intention de précipiter le cours des évènements pour devenir calife à la place du calife. Il comptait sur sa capacité d’endoctrinement, sur ses réseaux internes et sur une stratégie de prudence « step-by-step ». ! Le remplacement à l’hémicycle de Madické Niang par l’ancien directeur de cabinet d’Oumar Sarr, Abdou Aziz Diop, montre l’efficacité de son emprise au sein du PDS. L’élimination prévisible du candidat du PDS par le Conseil constitutionnel le 14 janvier était une aubaine pour Oumar Sarr ; il allait pouvoir enfin jouer sa carte maîtresse : plaider en faveur de l’amnistie de Karim Wade (c’est loin d’être le cadet de ses soucis ; c’était une monnaie d’échange pour convaincre le PDS à aller au Dialogue national) et se rapprocher ainsi du pouvoir pour ses propres intérêts, pour ses ambitions politiques.

Seulement, un obstacle de taille se met en travers de son chemin : le retour de l’ex- président Me Wade au Sénégal courant février 2019, stimulé d’un esprit ragaillardi d’opposant à l’endroit du Président Macky Sall ; et sa reprise d’une main de fer du PDS. Finis les combines derrière le dos du Secrétaire général, comme négocier avec le pouvoir ! Par ailleurs, l’intransigeance de Karim Wade surprend : l’amnistie est écartée au profit de la révision du procès recommandée par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Le plan échoue ! Pour dire qu’Oumar Sarr et son arrière-garde comptaient sur le Dialogue national: ils s’inquiétaient de la radicalisation de Karim Wade, en particulier du dépôt d’une plainte internationale contre Macky Sall ! Oumar Sarr a apporté la riposte : « Le Sénégal est au-dessus de tous les partis politiques », dixit le 28 mai 2019. La présence d’Oumar Sarr à la journée du Dialogue national, de toute façon, avait été programmée en complicité avec le pouvoir. Les dernières prises de position du PDS à travers ses communiqués n’y auraient rien changé ! S’il ne pouvait pas conduire le PDS à la table des négociations (pour un gouvernement élargi, pour une amnistie générale dans un but financier et pour peut-être un soutien en faveur d’un 3ème mandat de Macky Sall), il devait au moins faire acte de présence pour sauver les meubles devant le Président.

Venons-en aux incohérences de la présence d’Oumar Sarr à la journée du Dialogue national qui tendent à démontrer une collusion avec le pouvoir, un dessein commun arrêté dans des réunions secrètes. Pour mettre en porte-à-faux Karim Wade, Oumar Sarr et les siens se remémorent leur refus en 2016 de participer à la journée de Dialogue national au motif de pratiques anti-démocratiques de Macky Sall, et en particulier de l’existence de 1213 bureaux de votes fictifs lors du référendum constitutionnel. Dont acte ! Dans sa page officielle de Facebook, Oumar Sarr, ancien ingénieur informaticien, expert pour dénicher les fraudes dans les fichiers électoraux, y publie le 16 janvier 2019 un document fracassant. Il apporte la preuve que le logiciel du Conseil constitutionnel pour les parrainages a été conçu à l’avantage de la coalition présidentielle. Pourquoi les mêmes causes observées n’entrainent-elles pas les mêmes effets trois ans après ? Sans doute les intérêts ont-ils changé depuis !

Ce n’est plus l’heure de l’endoctrinement pour Oumar Sarr, c’est le temps de prendre définitivement le pouvoir pour manœuvrer le PDS à sa guise, selon ses propres intérêts ! Sans le PDS, l’action Oumar Sarr n’est pas cotée ! Oumar Sarr n’est donc pas sur le départ, malgré l’appel opportuniste de Madické Niang de construire un nouveau parti sur la base de l’héritage du PDS. Avec ses soutiens, il reste au PDS. Il échappe à la sanction disciplinaire d’exclusion. C’est pourtant lui qui claironnait que : « Me Madické Niang connaît bien les statuts du parti et le règlement intérieur du PDS. En posant publiquement sa candidature (...), il sait qu’il se met ipso facto en dehors du PDS ». Cette sentence aurait pu être mot pour mot réutilisée contre Oumar Sarr !

Bref, il faut se débarrasser à la fois du père et du fils. Pour Me Abdoulaye Wade, les soutiens d’Oumar Sarr ne parlent plus de l’homme en tant que tel, mais du mouvement wadiste dont ils se revendiquent les seuls et légitimes héritiers : les « wadistes de souche », les authentiques. Ça sonne sectaire (un vocabulaire utilisé par l’extrême droite européenne contre les migrants) ! Quel est leur critère ? La durée sans doute ! Alors rappelons qu’Oumar Sarr est seulement entré au PDS en 1992, huit ans avant l’alternance de 2000 et surtout 24 ans après la création du PDS. Lorsque les proches

d’Oumar Sarr évoquent la personne de Wade, c’est pour atteindre par ricochet son fils. L’ex-président serait affaibli, déjà en retraite politique (ses dernières réunions avec Sonko et les activistes l’attestent !). Tout est bon pour faire mouche ! Le populisme tourne à plein régime : la femme de Wade (l’autrichienne du Sénégal), la lâcheté de Karim Wade l’anti-héros sénégalais par excellence qui a pourtant passé plus de temps en prison que son père et qu’Oumar Sarr (les deux cumulés), la succession familiale.

Sur ce dernier point, les alliés d’Oumar Sarr réveillent le subconscient des sénégalais sur la dévolution monarchique. A cette heure, une seule dévolution s’est produite dans l’histoire politique du Sénégal, celle entre Senghor et Diouf. Là n’est pas la question pour eux, c’est de réanimer les pensées automatiques. Ils traitent les sénégalais comme des automates ! Un lieutenant d’Oumar Sarr a écrit que le nouveau secrétariat national du PDS constituait un « testament familial totalement illégal ». Premièrement, cette question n’a jamais été soulevée lorsqu’Oumar Sarr et Me Amadou Sall ont assuré la « régence » du PDS ! Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ! Ils ont beaucoup agi sans l’aval de Me Abdoulaye Wade ! Il s’impose aussi de rappeler que Karim Wade n’a pas été désigné Secrétaire général du PDS ; seul le Congrès est habilité à le faire (article 15 des statuts du PDS) ! Par ailleurs, l’alinéa 1 de l’article 22 dispose que le Secrétaire général est assisté par un secrétariat national dont il nomme à sa discrétion les membres. Il s’agissait d’une opération de nettoyage des écuries d’Augias en direction des collaborateurs de Me Wade ! C’est un moindre mal pour Oumar Sarr !

La dernière trouvaille ? Karim Wade est choyé par son père ! Pourtant lui seul parmi les anciens pontifes du PDS a été jugé par la CREI ! Sa qualité de « fils de » n’a-t-il pas prévalu dans ce traitement de défaveur ? Oumar Sarr, sur la liste de la CREI, y a échappé ! A contrario, n’est-on pas en droit de nous interroger sur un traitement de faveur compte tenu à l’époque de l’identité de l’ancienne ministre de la justice et puis ancienne première ministre ? Abdoulaye Baldé dont sa femme a des liens avec la Première Dame n’a pas connu les foudres de la CREI ! Lorsqu’Oumar Sarr était au pouvoir, n’a-t-il pas bénéficié d’un Ministère de l’Habitat élargi à l’hydraulique et à l’assainissement ? N’est-ce pas fort de ce grand Ministère « doré » qu’il a contracté avec sa cousine, Aïda Ndiongue (dont il prétend avoir des liens de sang) ?

Macky Sall et Oumar Sarr, ne partagent-ils pas un point en commun ? Le fait d’avoir contracté dans lexercice de leur pouvoir avec un membre de leur famille : Petro-Tim pour Aliou Sall, Plan Jaxaay pour Aïda Ndiongue. N’ont-ils pas tous les deux un intérêt pour une amnistie générale ? Oumar Sarr ne s’en cache pas : sa cousine, native aussi de Dagana, avait déjà obtenu des contrats avant son arrivée au Ministère de l’Habitat. Devait-il poursuivre la relation d’affaires avec elle, étant donné les liens de sang, le fait qu’elle fût « La Ndieukké » de sa femme d’alors ? Apparemment oui si l’on se réfère aux propos du Procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye : « 47 milliards de francs CFA ! Le modus operandi : A chaque fois qu’on lui donnait un marché, elle (Aïda Ndongue) détournait les fonds qu’elle gardait chez elle dans des coffres-forts. Et elle donnait au ministre, qui lui a confié les travaux, sa part du butin. C’est comme ça qu’elle a fait durant tout le règne de Wade ». Une amnistie pour éviter la CREI (ou chantage pour diviser le PDS !), ou une amnistie pour récupérer les commissions dont semble parler en connaissance de cause le Maître des poursuites ? Rappelons que

la Cour suprême a condamné l’ancienne cousine d’Oumar Sarr à payer à l’Etat sénégalais la somme de 20,6 milliards avec la confiscation de ses biens et avoirs. En vrais pirates de la République, il faut récupérer une partie de leur trésor !

Dans de nombreux héritages, les héritiers se déchirent (bien que l’heure de la succession n’ait pas encore sonné au PDS malgré les mauvais augures des frondeurs !). Rien d’anormal à première vue ! Chacun réclame sa part du gâteau ! Seulement, avec le PDS, nous ne sommes pas dans la même configuration. Ce n’est pas le partage d’un héritage dont on parle, c’est de l’avenir du PDS. Les « authentiques » (cette expression en dit long !) ont gouverné le PDS pendant de nombreuses années. C’est le Congrès qui décidera à son heure le courant majoritaire. Donc pas nécessaire de crier au loup avant l’heure ! Pendant ce temps-là, ne conviendrait-il pas de travailler les projets politiques autour d’un nouveau libéralisme ? De saffairer à devenir la sentinelle des libertés publiques violées par le régime de Macky Sall ? L’article 2 des statuts du PDS aurait-il été oublié ? Oumar Sarr est aphone sur ces vrais sujets qui sont au cœur du projet libéral du PDS ! D’ici là, prenez garde aux éditorialistes moralisateurs-trotskistes-frustrés ! Prenez vos distances avec ceux qui parlent de favoritisme familial, avec ceux qui jettent les personnes en pâture sur fond de populisme, d’intolérance, voire de racisme ou de pureté politico- culturelle ! Car, en conclusion de cet édito, la vérité de ces gens-là n’existe pas
EMMANUEL DESFOURNEAUX

 

Whatsapp Mysapce Tumblr StumbleUpon Reddit Flipboard  
 
 
COMMENTAIRES (1)
Ajouter un commentaire
Les commentaires à caractère publicitaire ne sont pas autorisés !
Amadou - 17/08/2019 - 19h 33  
Emmanuel..tu as tout dit..je ne suis ni fan du Pds ni de Karim mais ..la longue route de ce parti est parsemé de judas...et Wade est toujours là ..debout..Donc Dieu seul est grand tout le reste est du vent..on calcule, calcule puis pouff..tout tombe..interrogez l'histoire
Saisissez votre commentaire
Votre nom
 
Votre commentaire
 
   
 
DAKAR
Le bracelet électronique bientôt effectif
Un collecteur de drames
Les avocats d'Adam Gaye vilipendent Macky auprès de ses pairs
Manif à Aibd lundi prochain : Le collectif des prestataires demande plus de considération pour le privé sénégalais
Maroc : Ce Sénégalais sauvagement assassiné !
Serigne Abdou, l'honneur du soufisme contemporain !
Adama Gaye menace de reprendre sa grève de la faim
Drogue saisie au Port : Le mécanicien du bateau tombe
«Financements de Karim pour Sonko»: Pastef dément et tire sur Me El Hadj Diouf
Les retraités crucifient Mamadou Sy Mbengue pour l’envoyer à la...retraite
 
DANS CETTE RUBRIQUE
Le voile, entre croix et banniére
Pauvre Sénégal !
Macky Sall, une autorité autoritaire
Inondations au Sénégal : gouverner, c’est prévoir !
Macky, ses potaches et le slow track
Le Conseil Constitutionnel a violé les dispositions de l’article 37 de la Constitution
Une négociation peut en cacher une autre !
Institution Sainte Jeanne-D’Arc : vous n’allez pas nous diviser
Séminaire gouvernemental, défense de rire !
‘’Zéro déchet’’, ‘’zéro bidonville’’ : deux objectifs titanesques qui feraient reculer plus d’un Hercule.
 
 
LES PLUS POPULAIRES
« Lequartd’heure » reçoit le journaliste Baba Aidara qui fait de graves révélations sur la mafia du pétrole au Sénégal
Consulté : 126712 fois
Voici la chronique du 31 Août 2016 de Pape Alé Niang
Consulté : 89581 fois
Voici la chronique du 14 septembre 2016
Consulté : 65418 fois
Voici la chronique du 08 mars 2017
Consulté : 55764 fois
Voici la chronique du 21 septembre 2016
Consulté : 55103 fois
 
   
REVUE FRANÇAIS
Ecoutez la revue de presse en français de Pape Alé Niang du 24 décembre 2018
REVUE WOLOF
Ecoutez la revue de presse en wolof de Pape Alé Niang du 24 décembre 2018
CHRONIQUE PAPE
Voici la chronique du 11 septembre 2019
AUTRES AUDIOS ...
Khaoussou Dramé interpelle Emmanuel Macron
 
SCANDALES D'ETAT
   
Marchés au Sénégal :Le CITP de Seydou Kane, proche de Macky Sall, veut sa par ...
13/09/2019 - 12:32
De nouvelles révélation sur l'affaire Pétro-Tim
02/09/2019 - 11:00
   
... Voir plus
 
YAKO WAKHONE!
   
Vidéo ....Quand Birama traitait les étudiants de fils de pute...
12/09/2019 - 09:48
Quand Me Ousmane Seye se prononçait sur la décision de la CEDEAO sur l’affai ...
24/05/2019 - 13:24
   
... Voir plus
CARTE BLANCHE
Le voile, entre croix et banniére
L'OEIL DU CITOYEN
<< Set setal >> politico-religieux !
WAX DEUG
Mutation du griotisme au Sénégal : La presse en otage !
AUTRES ...
Voici la chronique du 11 septembre 2019
 
 
CONTRIBUTIONS
   
Serigne Abdou, l'honneur du soufisme contemporain !
14/09/2019 - 12:47
Dévoilement.....
12/09/2019 - 15:28
   
... Voir plus
 
 
 
REPORTAGES
Ça Me Dit Mag du 13 octobre 2018 avec Pape Alé Niang - invité commissaire Abd ...
EMISSIONS PAPE
Décryptage du 10 octobre 2018 avec Pape Alé Niang : une démocratie capturée
AUTOUR DU MICRO
Khaoussou Dramé interpelle Emmanuel Macron
AUTRES VIDEOS
Le Scandale Du Siècle : Pétrole & Gaz au Sénégal (BBC News Afrique)
 
 
Xibaar
Walf
Seneweb
Press Afrik
Leral.net
Rewmi.com
 
 
 
 
ACCUEIL ACTUALITES POLITIQUE SPORT INTERNATIONAL RELIGION TECHNOLOGIES VIDEOS AUDIOS PEOPLE RADIOS & TVS
 
Contactez nous au 33 825 25 17 ou par mail à dakarmatin@gmail.com
 
Proposer une contribution | Contacts | Qui somme nous? | Reserver un espace publicitaire | © Copyright Dakarmatin 2017