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SCANDALES D'ETAT
 
 
Appel d’offres pour l’exploitation de l’hydraulique urbaine : Odieux soupçons sur la transparence du processus
Publié le : Lundi 15 Octobre 2018 - 16:26 - Source : le témoin - Commentaires : 2 - Consulté : 774 Imprimer

Quatre mois et demi après l’ouverture des plis des offres financières, et 22 mois après le lancement du processus, on ne connaît toujours pas le futur distributeur de l’eau dans nos centres urbains !

Faudrait-il donc croire que le temps a suspendu son envol, que les mois, semaines, jours, heures, minutes et secondes ont cessé de s’égrener dans ce pays ? Ou alors, serions-nous dans ce « temps perdu » si cher à Marcel Proust ? On ne cesse en tout cas de s’étonner que « dix jours » prennent autant de temps à s’écouler !

Interrogé mi-juin par des confrères à propos du choix de l’attributaire du « contrat d’affermage portant gestion et exploitation de l’hydraulique urbaine au Sénégal » — c’est l’intitulé officiel ! —, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, M. Mansour Faye, avait répondu qu’il serait connu « dans une dizaine de jours ». Mieux, invité d’une radio de la place, le même avait précisé que l’heureux attributaire serait connu « avant la fin du mois ». On le répète : on était en juin. Cela fait un peu plus de quatre mois que le ministre et maire de Saint-Louis avait parlé d’ « une dizaine de jours ».

 Eh bien, on attend toujours ! Dieu, que ça peut être long 10 jours dans ce cher Sénégal… Et les Sénégalais de commencer à douter tout en se posant des questions. Que se passe-t-il donc de si grave pour que ce processus d’attribution d’un contrat d’affermage ne puisse pas être bouclé durant un temps aussi long ? Pourquoi cette lenteur et ce long silence ? Qu’est-ce qui, donc, bloque ce processus ? Y aurait-il des manœuvres pour faire passer en force un candidat qui n’aurait pas présenté la meilleure offre ? Encore une fois, devant ce mutisme des autorités et ce qui s’apparente à une sourde lutte d’intérêts, nos compatriotes sont interloqués.

Qu’est-ce qui donc peut expliquer qu’un simple processus de choix d’une entreprise chargée de gérer et d’exploiter l’eau dans les grands centres urbains de notre pays puisse durer aussi longtemps ? Que mijote-t-on au niveau de l’Etat ? On est d’autant plus enclins à s’interroger sur la longueur de ce processus que, comme le rappelle un spécialiste du secteur, en 1996, année où a été mise en place la réforme du secteur de l’hydraulique au Sénégal, l’évaluation des offres financières n’avait duré que dix jours ! Là, on est à plus de quatre mois et les choses ne sont apparemment pas sur le point d’aboutir. Mais ce qui inquiète surtout, au-delà du silence pour le moins embarrassé du gouvernement, c’est aussi l’absence de réaction des bailleurs de fonds du secteur de l’eau dans notre pays. Il s’agit notamment de la Banque Mondiale, de l’Agence française de Développement (AFD), de la Banque européenne d’Investissements (BEI), de la Banque africaine de Développement (BAD) et de la Banque islamique de Développement (BID). Ces principaux financiers de l’hydraulique dans ce cher pays, voient bien, ou sentent en tout cas, qu’il y a quelque chose qui cloche dans cet appel d’offres à milliards mais préfèrent selon toute vraisemblance, comme l’autruche, s’enfouir la tête dans le sable. Ou regarder le bout de leurs souliers.

Pour moins que ça pourtant, et ailleurs, ou en tout cas s’agissant de certains régimes, ils auraient hurlé au manque de transparence ! On s’étonne aussi que le teigneux Birahim Seck, tout-nouveau président du Forum civil et preux chevalier de la lutte contre la corruption, n’ait pas évoqué cette affaire lors de sa première conférence de presse pour au moins s’étonner de ces prolongations sans fin jouées dans ce dossier d’appel d’offres à première vue très simple…

Beaucoup… d’eau a coulé sous les ponts

Quand on sait que c’est en décembre 2016 que le dossier d’appel d’offres pour la pré qualification au choix de l’entreprise attributaire du contrat d’affermage portant gestion et exploitation de l’hydraulique urbaine au Sénégal avait été lancé, cela fait 22 moins que le processus dure ! Quant à l’ouverture des plis proprement dite, elle est intervenue depuis quatre mois et quinze jours. Vous ne trouvez pas ça un peu trop long, vous ? Surtout que c’est le 31 décembre prochain que le contrat de la Sénégalaise des Eaux (SDE) arrive à échéance. Aura-t-on le temps d’ici là de signer un nouveau contrat avec le bienheureux attributaire et de procéder, éventuellement, à une passation de service dans les règles de l’art et dans les délais ?

Mais laissons Mansour Faye lui même nous détailler le processus en cours : « Nous attendons les conclusions de la commission des marchés et la validation de la DCMP (Ndlr, Direction centrale des marchés publics) pour désigner le vainqueur. La première étape, c’est la pré qualification. Neuf structures ont déposé et seules trois ont été pré qualifiées. Ces trois ont déposé leurs offres techniques qui ont été validées. Le seconde étape est relative aux offres financières qui ont été déposées il y a une dizaine de jours (Ndlr, le 1er juin 2018). Elles montrent que la SDE a misé sur 277 francs le mètre cube, Suez à peu près 299 francs et Veolia 365. Au-delà de l’argent, c’est la qualité de la distribution de l’eau et des services qui est en jeu. Ce même si le rendement réseau (Ndlr, de la SDE) est autour de 80 %, l’un des meilleurs en Afrique » avait dit le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement (Source : Gawlo.net du 11 juin 2018).

L’offre financière inattendue de la SDE, qui gère et exploite l’eau potable depuis 1996 et avec des résultats satisfaisants qui ont valu au Sénégal d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans ce domaine précis, aurait-elle fait capoter un « deal » ? On n’ose même pas le penser ! Il convient d’ajouter à cela que, d’après nos sources au ministère des Finances, la Dcmp dont parle le ministre aurait reçu deux fois le dossier d’attribution et l’aurait renvoyé au ministère de l’Hydraulique pour des observations de fond. Une manière donc de demander à ces messieurs de la commission des marchés de revoir leur copie. Champion autoproclamé de la transparence, le régime en place depuis 2012 prêterait-il donc le flanc à d’odieux soupçons de… disons tripatouillages de résultats d’appels d’offres pour favoriser un concurrent ? Ça ne lui ressemble pas, voyons, et gageons qu’au terme du processus on s’apercevra que tout a été transparent comme de l’eau… cristalline !

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COMMENTAIRES (2)
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Fouduroi - 15/10/2018 - 16h 38  
Ay deum gno djiité senegal.
Serignebi - 15/10/2018 - 20h 13  
Oui ce sera pour une nouvelle entité totalement F. avec de nouveaux actionnaires sénégalais tapis dans les hautes stations étatiques.
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