Suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter
CONTRIBUTIONS
 
 
Y a-t-il quelqu'un pour sauver Mame Mbaye Niang ?
Publié le : Lundi 16 Avril 2018 - 07:41 - Source : dakarmatin - Commentaires : 9 - Consulté : 1661 Imprimer

Il a encore grillé un gros fusible. Il faut juste espérer que cela sera sans conséquence et surtout souhaiter que ce soit  le dernier. Car à  ce rythme, c’est le compteur de la démocratie sénégalaise que Mame Mbaye Niang menace de faire sauter avec un risque d’extinction de toutes les  lumières de la République. Quel Sénégalais n’a pas eu envie d’éteindre son poste ? Quel téléspectateur n’a pas été sonné ? Quel démocrate n’a pas reçu une décharge d’affliction en l’écoutant  lors de sa dernière conférence de presse, annoner avec sa phraséologie digne d’une cour de récréation de case des tout-petits, son nauséeux catéchisme mackyste,  avec une sémantique en parfaite synchronie avec sa vacuité intellectuelle. Beaucoup de tympans ont dû abondamment saigné à force d’entendre tonner  les déflagrations grammaticales  et syntaxiques ministérielles. Juste tragique et tout simplement pitoyable. 
 
Macky Sall et Mame Mbaye Niang, même syndrome
 
Le fossé entre ses capacités intrinsèques et ses charges ministérielles est si abyssal qu’il a beau se draper de son plus joli costume républicain, se mettre devant le plus présidentiel des pupitres, tenter de se forger une «ministérialité» même en toc, rien y fait, ça coince à tous les coups. Mame Mbaye Niang et la République, c’est comme Gouye Gui et la grammaire, ça ne peut pas aller ensemble. Le ministre souffre du même syndrome que le président. Ils sont sincèrement persuadés d’être les meilleurs d’entre eux et il ne font pas semblant.  Le problème est qu’ils ne sont que deux à être au courant. Ce sont eux, toujours le même binôme.  Et cela crée forcément des liens..          
 
Sinon, comment Macky Sall peut-il, alors que le pays est au bord du précipice, laisser Mame Mbaye Niang, se dresser face caméra, pour nous abreuver de ses versets erratiques du genre «…force restera à la loi, nous ferons face, la loi passera de gré ou de force...» ou nous enivrer de diatribes aussi dangereuses  qu’«effarantes» selon le mot d’Alioune Tine. Momar Diongue,  autre observateur tout aussi avisé, n’a pas hésité  à le comparer à Charles Blé Goudé, ce proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui, avec les mêmes mots, a enflammé la Côte d’Ivoire et sapé durablement sa démocratie. Et dire que le clone sénégalais du pyromane ivoirien siège au conseil des ministres, penser que c’est nous qui payons le plus gros incubateur de bêtises de la République , il y a de quoi désespérer un peu plus de la gouvernance Sall.      
 


De n’importe quoi à n’importe qui
 
On se demande encore qu’est ce qui a bien pu pousser le président à  infliger encore une fois aux Sénégalais, un tel outrage, en envoyant Mame Mbaye Niang, défendre en conférence de presse,  une réforme aussi complexe que la loi sur le parrainage lorsqu’on sait que la seule légitimité  intellectuelle du ministre du Tourisme est sa proximité affective avec la Première dame. Il a beau avoir le sens du sacrifice, une conception aiguë du devoir et de la reconnaissance, mais le fait constant est qu’il  n’est ni outillé, encore moins apte à ce genre d’exercice. En défiant le peuple du Sénégal avec une arrogance aussi mal millimétrée que la durée de son face à face avec les journalistes, Mame Mbaye Niang n’aura fait qu’enfoncer les derniers clous dans le cercueil du projet de loi sur le parrainage.

Sa capacité à dire n’importe quoi a certes fait qu’il n’est plus n’importe qui. Tout ministre de plein exercice qu’il est, si Macky Sall n’a que «mame mbaye» en stock  pour lui servir de bouclier, le couple présidentiel peut sérieusement commencer à préparer ses cartons et penser à ne pas oublier d’éteindre les lumières du Palais en partant.

Il est encore temps d’appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence

Plus sérieusement, il y a vraiment lieu de s’interroger sur le choix de Mame Mbaye Niang pour s’adresser aux Sénégalais « en ces heures si graves » pour reprendre la formule de Thierno Alassane Sall. Est-ce tout simplement une grossière erreur de casting ou une pénurie réelle de  samouraïs marrons beige, prêts à se faire hara kiri pour le triomphe du chef ? Plus grave encore, le ministre, représente t-il tout simplement ce que le Président ou la Première dame ne peuvent pas faire faire ou faire dire à quelqu’un d’autre?
 
Une chose est sûre, il est plus que temps pour Macky Sall,, à quelques jours de l’examen du plus que controversé projet de modification constitutionnelle, de redescendre sur terre, c’est-à-dire revenir au Sénégal où son peuple est à cran et prêt à en découdre avec lui. Il doit stopper sa vertigineuse et dangereuse course à l’armement constitutionnel, judiciaire et électoral pour assouvir son désir irrépressible de réélection. L’obsession présidentielle  du second mandat risque de condamner le Sénégal à un naufrage certain car le chef de l’État  est en train de méthodiquement dynamiter  toutes les digues : constitutionnelles ( loi sur le parrainage),  judiciaires (affaires Karim Wade, Khalifa Sall et Barthélémy Dias) confrériques (fractures chez presque toutes les «tarikhas»), religieuses (les graves événements survenus entre militants APR lors d’une cérémonie religieuse dans le Fouta), politiques(imposion du PS, de l’AFP, de la LD…), sociales (des grèves dans tous les secteurs),  et économiques ( guéguerre entre secteur privé national et étranger). C’est tout le Sénégal qui est sous tension. C’est tout le pays qui est aujourd’hui fracturé. L’ horizon politique n’a jamais été aussi anxiogène. Le virus de la haine et de la division est entrain de se propager dans les cœurs et les esprits. Chacun s’arc-boute derrière ses certitudes. Entre le président et une large majorité de son peuple, les rapports ont quitté le registre de la simple défiance pour exorablement migrer vers un autre  pôle : l’exécration. C’est l’une des très rares réussites de Macky Sall, d’avoir dresser presque tout un pays contre lui.  La rançon de six années d’incompétence et de trahison de la parole donnée.

Le risque est réel de voir notre démocratie sombrer à cause d’un homme, Ismaila Madior Fall, constitutionnaliste, ministre de la Justice, militant de la 25ème  heure du parti présidentiel et arme de modification massive du président. Il est l’hémisphère droit du Palais sur tout ce qui touche les questions institutionnelles. Intronisé tout au sommet de l’État, il a l’oreille du président. Mais le moment est venu pour  Macky Sall d’arrêter de suivre son « cascadeur constitutionnel » et écouter le Peuple du Sénégal s’il veut se sortir de ce dangereux tourment  politique dans lequel la nation sénégalaise est engluée. Lui seul détient  le pouvoir constitutionnel d’appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence. Alors appuiera, appuiera pas,  ou laissera t-il les Sénégalais le faire à sa place ? En général lorsqu’un train déraille, il s’arrête. Et vous Monsieur le Président ?
 
Malick SY
Journaliste

Whatsapp Mysapce Tumblr StumbleUpon Reddit Flipboard  
 
 
COMMENTAIRES (9)
Ajouter un commentaire
Les commentaires à caractère publicitaire ne sont pas autorisés !
Ppapis - 15/04/2018 - 20h 09  
très beau texte
Non - 15/04/2018 - 20h 47  
Non, non et non, pas beau texte du tout. Je suis loin d'être du Macky mais, je dois dire que ce texte, d'une lourdeur sans nom est digne d'un élève de l'école publique de macky. Un journaliste devrait avoir un meilleurs niveau que ça. Prenez l'habitude de vous relire avant de poster. Salam.
Oui - 15/04/2018 - 21h 22  
Oui un tres beau texte comne la dit ppapis.
Gadio - 15/04/2018 - 22h 00  
Très bon analyse et texte bien écrit.
Sidya Ndatté Yalla - 15/04/2018 - 22h 37  
Merci beaucoup, espérons que cet appel à la raison va ouvrir les yeux de nos dirigeants et les aider à prendre la bonne décision!
La vérité - 15/04/2018 - 23h 19  
Comment faire pour ne pas haïr ce conglomérat de d’animaux??? Macky Sall et ses ministrons sont juste répugnants.
Gus - 16/04/2018 - 07h 03  
À force de placer les hommes de son clan avant les hommes de la patrie nous tjours des gens comme Mambaye Niang.Allez dans les consulats et vous serez ébahis par le degré de carence et le manque de charisme de nos consuls.
Pour le Sénégal - 16/04/2018 - 08h 48  
Excellent texte.Dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas en y mettant toute la forme.
DEUG REK - 16/04/2018 - 11h 03  
UN MAROCAIN DÉMOCRATE ???????? CE SERAIT LE MONDE A L ENVERS .....LES MINISTRE DE MARIEME FAYE ON N Y TOUCHE PAS . MACKY SE SUICIDE . C EST SON CHOIX.
Saisissez votre commentaire
Votre nom
 
Votre commentaire
 
   
 
DAKAR
Présidentielle-2019 : Me Madické promet une institution forte chargée des affaires religieuses
POUSSÉE DE FIÈVRE SUBITE DE CIVISME DU MACKY
L'OFNAC fouille le PRODAC
MACKY EN CAMPAGNE SUR LA TOILE
KHALIFA GARDE SES CHANCES DE SE PRÉSENTER À LA PRÉSIDENTIELLE
LES SÉNÉGALAIS CONNAISSENT BIEN MACKY
Lettre ouverte à Mr Macky Sall président de la république sortant et candidat aux présidentielles du 24 Février 2019
Le Commissaire Sadio ”publie” son ”Sénégal au coeur” 13 décembre 2018
Ousmane Sonko"Président, je me départirai de mes fonctions de chef de parti"
AFFAIRE KARIM: QUE VA FAIRE ME WADE ?
 
DANS CETTE RUBRIQUE
Sénégal, pays du « Yalla Bahena »
Pas de ruptures possibles avec Karim
Démocratie ou horiocratie ?
Cri de cœur d'un citoyen : Pourquoi doit on faire confiance à une administration commanditée
Affaire Khalifa Sall : la Cour suprême doit casser l’arrêt du 30 aout 2018
LES SÉNÉGALAIS CONNAISSENT BIEN MACKY
Lettre ouverte à Mr Macky Sall président de la république sortant et candidat aux présidentielles du 24 Février 2019
Le Commissaire Sadio ”publie” son ”Sénégal au coeur” 13 décembre 2018
CHERS « MARAS », OSEZ LE DIRE AU PRÉSIDENT !
SÉNÉGAL, D’UN PRÉSIDENT À L’AUTRE
 
 
LES PLUS POPULAIRES
« Lequartd’heure » reçoit le journaliste Baba Aidara qui fait de graves révélations sur la mafia du pétrole au Sénégal
Consulté : 80837 fois
Voici la chronique du 31 Août 2016 de Pape Alé Niang
Consulté : 80692 fois
Voici la chronique du 14 septembre 2016
Consulté : 57381 fois
Voici la chronique du 08 mars 2017
Consulté : 48755 fois
Voici la chronique du 21 septembre 2016
Consulté : 48125 fois
 
   
 
 
 
ACCUEIL ACTUALITES POLITIQUE SPORT INTERNATIONAL RELIGION TECHNOLOGIES VIDEOS AUDIOS PEOPLE RADIOS & TVS
 
Contactez nous au 33 825 25 17 ou par mail à dakarmatin@gmail.com
 
Proposer une contribution | Contacts | Qui somme nous? | Reserver un espace publicitaire | © Copyright Dakarmatin 2017